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Ste MARGUERITE D’YOUVILLE (1701-1771)

Mère à la Charité universelle, Fondatrice des Sœurs Grises de Montréal

Marguerite d'Youville, par Flore Barrette, 1959 Archives Soeurs Grises de Montréal

L’audace d’une femme au service des plus démunis

 

Née à Varennes (Québec) le 15 octobre 1701, Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais appartient à l’une des grandes familles de la Nouvelle-France. Sa mère était la petite-fille de Pierre Boucher, fondateur de Boucherville.

 

Le 12 août 1722, elle épouse François-Madeleine d’Youville en l’église Notre-Dame. Ils ont six enfants dont seulement deux survivront. À la mort de son mari, elle hérite d’une succession endettée.  Elle se tourne vers les pauvres. Des compagnes se joignent à elle pour s’occuper des plus démunis de Montréal. Mais  la population voit la petite communauté d’un mauvais oeil. Certains les appellent « les grises », les accusant de s’enivrer et de continuer la vente illicite d’eau-de-vie aux Indiens que faisaient le beau-père et le mari de Marguerite. Elles prendront le nom de Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général ou «sœurs grises», en souvenir de cet épisode marquant de leur histoire.

 

En 1747, elle assume la charge de l’Hôpital Général, un établissement en faillite qu’elle trouve dans un état lamentable.  Pour le remettre sur pied et venir en aide aux personnes dans le besoin : miséreux, orphelins et malades, elle fait preuve de force de caractère, d’esprit pratique et d’un inlassable dévouement. Un incendie détruit l’hôpital en 1765, laissant à la rue 114 personnes sont 63 pauvres et 16 enfants illégitimes. Elle doit tout reconstruire. Son remarquable talent d’administratrice et son ingéniosité lui permettront de léguer, à sa mort en 1771, une œuvre solidement établie. Femme d’audace et de courage, c’est surtout sa grande bonté et son humanité exceptionnelle devant toute misère humaine qui marqueront la mémoire des montréalais et montréalaises. 

 

Quelques citations de Marguerite d’Youville :

-La Providence est  admirable; elle a des ressorts (ressources) incompréhensibles, elle pourvoit à tout, en elle est ma confiance.

-Toujours à la veille de manquer de tout et nous ne manquons jamais, du moins, du nécessaire.

-J'admire chaque jour la divine Providence qui veut bien se servir de si pauvres sujets pour faire quelque bien.

-Dieu soit béni, la divine Providence pourvoit à tout, toute ma confiance est en Elle.

-Nous demandons à Dieu de toute bonté de vous combler de ses grâces pour le temps et l'éternité.

-Y a-t-il de bonheur  dans la vie au-dessus d'un ménage uni; tous les bonheurs du monde ne s'en approchent pas.

  

(texte inspiré de Claudette Lacelle,   «  DUFROST DE LAJEMMERAIS, MARIE-MARGUERITE (Youville) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 1980-2016)

 

En savoir plus:

 

COLLECTIF, Ces femmes qui ont bâti Montréal. La petite et la grande histoire des femmes qui ont marqué la vie de Montréal depuis 350 ans, Éditions du remue-ménage, 1994, Montréal, 627 p.

DUFROST D'YOUVILLE, Charles, Vie de Madame d’Youville, Éditions Archives, 1930, Lévis, 48 p.

MITCHELL, Estelle, s.g.m. , Elle a beaucoup aimé. Vie de Sainte Marguerite d'Youville, fondatrice des Soeurs de la Charité, «Soeurs Grises», 1701-1771, Éditions du Méridien, Sherbrooke, 2000, 373 p.

MITCHELL, Estelle, s.g.m., Le vrai visage de Marguerite d'Youville, Beauchemin, 1973, Montréal, 139 p.

MITCHELL, Estelle, sgm, Le Curé Charles Youville-Dufrost et sa Mère 1729-1790, Éditions du Méridien, Montréal, 1991, 108 p.



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