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Ste MARGUERITE BOURGEOYS (1620-1700)

« Mère de la colonie », Éducatrice et Fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame

Vrai portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Le Ber. Collection du Musée Marguerite-Bourgeoys.

Innovatrice et pionnière de l’éducation en Nouvelle-France

 

Née à Troyes, en Champagne (France) en 1620, Marguerite Bourgeoys arrive à Ville-Marie avec M. de Maisonneuve et la recrue de 1653. C’est en s’inspirant de la Visitation de la Vierge Marie qu’elle concevra un modèle d’éducation novateur,

entièrement adapté au Nouveau-Monde. Elle luttera en effet jusqu’à la fin de sa vie pour que les filles de sa Congrégation soit séculières plutôt que cloîtrées, ce statut leur permettant de se déplacer à cheval, en canot ou à pied, pour rejoindre et éduquer les jeunes filles, surtout les plus pauvres et les petites amérindiennes que Marguerite affectionnait particulièrement. Car dira-t-elle, « La Ste Vierge na (…) jamais refusée de se trouver ou la charité ou la nécessité avait besoin de secours ». C’était une innovation extraordinaire car à cette époque, on ne connaissait que la clôture pour les femmes. Elle exigera en outre que « pour n’estre a charge à personne », ses compagnes travaillent à leur propre subsistance. Pour éviter la clôture, elle devra résister aux pouvoirs ecclésiastiques et user de beaucoup d’intelligence politique. Elle obtiendra, en  1671,  des Lettres Patentes du roi, confirmant sa règle de vie de communauté séculière, élaborée pour imiter la vie voyagère de Notre-Dame.

 

Mais ce style de vie sera encore remis en question vers la fin de sa vie en 1693, par Mgr de Saint-Vallier qui voulait assimiler les sœurs aux Ursulines ou leur imposer le cloître et une règle de sa propre composition. Avec laide de M. Tronson, supérieur des Sulpiciens à Paris, les filles de la Congrégation réussiront enfin à faire reconnaître leur règle conformément aux exigences « de filles séculières ».

 

Arrivée à Ville-Marie en 1653, ce n’est que le 30 avril 1658 que Marguerite Bourgeoys peut enfin accueillir ses premiers écoliers, dans une étable que, faute de mieux, lui a donnée Maisonneuve. Elle n’est toutefois pas restée inactive pendant ces 5 années, soutenant les jeunes ménages, formant les Filles du Roy venues au Canada pour épouser des colons, visitant les malades, s’occupant de l’ensevelissement des morts, consolant les affligés, et enseignant le catéchisme aux colons.  « Non seulement, écrit le roi, elle a fait lexercice de maîtresse décole en montrant gratuitement aux jeunes filles tous les métiers qui les rendent capables de gagner leur vie, mais, loin dêtre à charge du pays, elle a fait construire des corps de logis, défriché des concessions, aménagé une métairie ». Pour toutes ces raisons elle sera appelée « Mère de la colonie ». 

 

 

 

 

(texte inspiré de Hélène Bernier,   «  BOURGEOYS, MARGUERITE, dite du Saint-Sacrement, », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 1966-2016)

 

En savoir plus:

 

SIMPSON, Patricia, Marguerite Bourgeoys et Montreal, 1640-1665, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1997, 247 p.

SIMPSON, Patricia, Marguerite Bourgeoys et la Congrégation de Notre-Dame, 1665-1700, traduction d’Albert Beaudry, Montréal, Fides, 2009, 328p.

 SIMPSON, Patricia, Marguerite Bourgeoys: Audace des commencements, Montréal, Fides, 2009, 114 p.

CAZA, Lorraine, La vie voyagère, conversante avec le prochain, le Cerf, 1982, 215 p.

LAMBERT, Thérèse, Marguerite Bourgeoys, éducatrice, 1620-1700mère d'un pays et d'une Église, Éditions Bellarmin, 1978, 137 p.

POISSANT, Simone, Marguerite Bourgeoys: 1620-1700, Éditions Bellarmin, 1982, 94 p.

 



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