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JEANNE LE BER (1662-1714)

Première recluse en Amérique

Jeanne Le Ber. Collection Maison Saint-Gabriel Artiste : A. Lespérance, 1963

L'héritière de Ville-Marie renonce à ses avantages pour devenir recluse

 

Née à Montréal en 1662, fille de Jacques Le Ber et de Jeanne Le Moyne, Jeanne eut pour parrain et marraine les deux fondateurs de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance.

Issue de deux familles de marchands et de pionniers, elle est la cousine de nombreux  explorateurs de l'Amérique dont Charles Le Moyne de Longueuil, Joseph Le Moyne de Sérigny, marquis de Sérigny, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène, Pierre Le Moyne d'Iberville, Paul Le Moyne de Maricourt, François Le Moyne de Bienville, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, gouverneur de la Louisiane, Antoine Le Moyne de Châteaugay, gouverneur de La Guyanne.

 

Elle est la plus riche héritière de Montréal, lorsqu'elle entre définitivement en réclusion le 5 août 1695, dans une annexe de la chapelle des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Très proche de Marguerite Bourgeoys, elle avait offert un don généreux pour construire cette chapelle. L’appartement, construit selon ses instructions précises, comportait trois pièces superposées : au rez-de-chaussée, une sacristie où elle se confessait et recevait la communion ; à l’étage, une chambre à coucher très simple ; et, au-dessus, un atelier. Sa vie en réclusion est un hommage continuel au Saint-Sacrement, en union avec la Sainte-Vierge et les Anges. Entre ses heures d’adoration et de repos, sans cesser de prier, elle coud et brode linges et ornements liturgiques et confectionne des vêtements pour les pauvres.

 

Bienfaitrice de Ville-Marie, Jeanne se désiste de sa fortune, au cours des ans, au profit des pauvres, des Églises, de la Congrégation de Notre-Dame et de l’éducation de jeunes filles défavorisées. Elle cède notamment la ferme de Pointe Saint-Charles à l’Hôpital Général des frères Charon.

 

À sa mort en 1714, elle lègue aux religieuses de la Congrégation tous ses meubles et une somme de 18 000#, demandant que le revenu de ce capital serve à l’entretien de pensionnaires plus pauvres. Son tombeau se trouve à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, dans le Vieux-Montréal.

 

(texte inspiré de C. J. Jaenen,   «  LE BER, JEANNE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 1969-2016 et de http://www.marguerite-bourgeoys.com/fr/chapelle/jeanne-le-ber.asp)

 

En savoir plus:

 

DEROY-PINEAU, Françoise, Jeanne Leber. La recluse au coeur des combats : Montréal 1662-1714 (Montréal, Bellarmin, 2000), 196 p. 

Le cahier no 10 de l'Oratoire St-Joseph

SIMARD, THÉRÈSE, Jeanne Le Ber, Un itinéraire, Novalis, 2014.

 

 

 

 

 



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