Nous ne ferons qu’un seul peuple

Amitié des premiers colons avec les peuples autochtones et expansion de la souveraineté française au XVIIe siècle.

Le projet de ne faire qu'un seul peuple des Français et des Amérindiens est toujours présenté avec un brin de dérision par les historiens qui en font une chimère née dans l'esprit de religieux et d'administrateurs déconnectés de la réalité du terrain colonial. Or quand on la replace dans le cadre de la première mondialisation, on se rend compte que la fusion des peuples et le rôle particulier assigné aux femmes dans cette fusion pourraient bien être ce qui distingue l'impérialisme français des autres impérialismes de l'époque coloniale. " Ne faire qu'un seul peuple ", comme on le disait, depuis l'explorateur Samuel de Champlain jusqu'au ministre Jean-Baptiste Colbert, a en effet été un puissant fantasme conditionnant autant l'horizon d'attente et le champ d'expérience de nombreux Français, que les termes de leur rencontre avec autrui. Le métissage, en particulier, faisait alors partie des dispositifs mentaux qui non seulement déterminaient l'entrée en contact de la plupart des Français avec les nations amérindiennes mais aussi autorisaient l'extension de la souveraineté française pendant l'ancien régime.

CONFÉRENCE

Dominique Deslandres

Professeure titulaire au département d'histoire de l'Université de Montréal, D. Deslandres a publié Croire et faire croire. Les missions françaises au XVIIe siècle (2003), qui a reçu de nombreux prix, dont le Prix John A. MacDonald de la Société historique du Canada. Elle a dirigé avec J.A. Dickinson et O. Hubert, Les Sulpiciens de Montréal: une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007 (2007), un bestseller suivi d'une exposition au Musée des Beaux Arts de Montréal, et dirigé avec R. Brodeur et T. Nadeau-Lacour, Lecture inédite de la modernité aux origines de la Nouvelle France (2010) pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec. Son article sur le genre, la religion et l'expansion de la souveraineté française au XVIIe siècle s'est mérité le prix d'excellence de l'Institut d'histoire de l'Amérique française (2013). À ses quelque cent articles et chapitres, s'ajouteront prochainement ses contributions au Dictionnaire biographique du Canada, à l'Oxford Handbook of Christian Monasticism et au Brill's Companion to Early Modern Catholic Global Mission. Elle prépare une histoire genrée de l'espace français d'ancien régime (France et colonies) ainsi qu'une biographie de Marie Guyart de l'Incarnation.

Panel : Expériences personnelles et réflexions sur ce que la spiritualité et la culture autochtones nous apprennent sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure

Panélistes :

  • Pierrette Boissé , end
  • Marie-Laure Simon, and
  • Aurore Larkin, sum
  • Jeannine Coulombe, sum

 

INFO

18 avril 2016, à 19h

Collège Villa-Maria

Pavillon Marguerite-Bourgeoys

Salle Thérèse-Casgrain



Participant 1